En ce jour de célébration, en France , des 90 ans de la fin de la première guerre mondiale, il faut rappeler le rôle des Canadiens et notamment des Canadiens-français, dans cette guerre.
Contrairement aux Etats-Unis, le Canada est engagé très tôt. Son statut de colonie britannique le lie aux décisions de la mère-patrie. Les soldats canadiens sont donc au front dès l'année 1914 et il le resteront jusqu'à la fin de la guerre.
Sur une population de quelque huit millions d'habitants, plus de 600 000 ont servi dans le Corps expéditionnaire canadien et près de 60 000 ont perdu la vie, dont 87 % ont été des victimes directes des actions ennemies en France et dans les Flandres. Plus de 154 000 soldats ont été blessés, dont certains plusieurs fois, et personne n'a dénombré les pertes attribuées à des problèmes mentaux et émotionnels. Après quatre ans de dur labeur et de rationnement, des soldats et des civils ont succombé à l'épidémie de grippe qui a suivi la guerre. Au Canada, très peu de collectivités, peu importe leur taille, ont pu traverser cette guerre sans y perdre un ou plusieurs de leurs membres. [source]
Leur participation est marquée par d'importante actions militaires, comme la prise d'assaut de la crête de Vimy.[Voir les photos de la commémoration officielle du 11 novembre 2008 ici]
Au printemps de 1917, aucun adversaire n’a réussi à progresser. En avril, les Alliés préparent une offensive majeure dans la région d’Arras, en France. Les soldats canadiens sont chargés de prendre la crête de Vimy. Or les tentatives précédentes des Alliés pour prendre d’assaut la crête de Vimy, en 1914 et 1915, ont toutes échoué jusqu’alors, au prix d’énormes pertes dans les rangs britanniques et français. Quant aux Canadiens, ils ont déjà payé un lourd tribut : à la bataille d’Ypres (avril 1915), au Mont Sorrel (juin 1916), à Beaumont-Hamel (régiment terre-neuvien, en juillet 1916)
Le 9 avril 1917, à 5h30, un froid lundi de Pâques, les quatre divisions canadiennes unies pour la première fois depuis le début du conflit et une brigade britannique, commandées par le lieutenant-général Sir Julian Byng, partent à l’assaut de la crête. L’opération a été minutieusement préparée, et précédée d’une semaine de bombardements intenses. Une première vague de 20 000 soldats s’élance et, malgré les lourdes pertes subies, est suivie d’autres assauts qui se succèdent sans relâche jusqu’à la prise de la « côte 145 » (nom donné au point le plus élevé de la crête), le 10 avril au matin. Les Allemands battent en retraite.

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Au total, la bataille a fait dans les rangs canadiens 3578 morts et plus de 7 000 blessés, mais c’est une grande victoire pour les Canadiens qui contribue à renforcer le sentiment national.
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{Voir aussi par ici }
Effectivement, la guerre mondiale à joué un rôle décisif dans l'émancipation du Canada vis-à-vis de l'Angleterre.
En effet, le Canada avait commencé la guerre en tant que colonie britannique et s'est retrouvé en guerre par déclaration de la mère patrie. Lorsque la paix est revenue, le Canada était un signataire séparé du traité de Versailles, un pays indépendant et confiant dans sa capacité de gérer ses propres affaires. La guerre a marqué la transition des Forces armées du Canada d'un statut de milice dont la valeur restait à démontrer à celui de ce qui a probablement été le corps d'armée le plus puissant des deux camps qui s'opposaient dans le conflit. Elles constituaient une force capable de planifier et d'exécuter des opérations indépendantes(…)[source]
L'engagement des canadiens d'une manière générale à été large. 33 000 volontaires, en majorité anglophones, se sont présentés au camp de Valcartier, près de Québec, dès le début du conflit.

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Comme partout ailleurs, ils ont été encouragé par des campagnes d'affichage dont voici quelques exemples ci-dessous.



[source des affiches précédentes et d'autres affiches à voir ici]
Cette dernière affiche est assez paradoxale dans la mesure où elle invite les Canadiens-français a s'engager sous un drapeau contre lequel Montcalm et Chateaugay avaient eux-mêmes combattu.
Certaines pouvaient adopter un ton moins martial et jouer sur l'humour pour attirer les volontaires.

[Source de l'affiches et d'autres affiches canadiennes-anglaises]
Même si ces affiches en font la promotion, au début de la guerre, cependant, les Canadiens-français ne sont pas regroupés dans des unités francophones mais éparpillés dans les diverses unités canadiennes sous commandement anglophone. Ce n'est que grâce à l'action politique de certain chef de file canadiens-français que le gouvernement canadien et l'état-major autorisent la formation d'unité de langue française. Ils ne furent d'ailleurs pas si nombreux. Des 260 bataillons d’infanterie qui furent formés pour le Corps expéditionnaire Canadien, 16 bataillons seront identifiés exclusivement pour les canadiens-français dont le 22e Bataillon. Ce dernier sera la seule unité canadienne-française à combattre au front au cours de toute la durée du conflit. {Lire l'histoire du 22e bataillon ici}
Comme en France, beaucoup sont parti la fleur au fusil en 1914 parce qu'ils pensaient que la guerre serait de courte durée. Mais avec les problèmes et l'enlisement dans la guerre, les mouvements de protestations se sont fait plus violents et, d'une manière particulière, les vieilles différences entre Canada-français et Canada-anglais ont ressurgi, surtout lorsqu'il a fallu recourir à la conscription.
La durée de la guerre a fait baisser l'enthousiasme initial et le nombre de volontaires.
- La corruption et les exactions de certains fabricants de bombes et de matériel de guerre ont été prouvées. Alors que des Canadiens faisaient fortune, beaucoup de familles de soldats avaient recours au Canadian Patriotic Fund pour se procurer leur nourriture et d'autres biens de première nécessité.
- La mort et la destruction ne se sont pas limitées aux champs de bataille de l'Europe.
- Le 6 décembre 1917, un vaisseau français rempli de munitions a explosé dans le port de Halifax, détruisant la majeure partie de la ville.
- On a dénombré près de 2 000 morts et 9 000 blessés.
À la fin de 1916, le nombre de volontaires était inférieur au nombre de victimes, qui ne cessait de croître.
- La pénurie de main-d'œuvre était aggravée par la politique militaire qui bloquait l'accès au service militaire à certaines personnes.
- Les Canadiens de descendance japonaise, indienne ou africaine se voyaient fréquemment refuser le droit d'entrer dans les forces armées.
Afin de remplir ses engagements militaires, le gouvernement Borden, en août 1917, a déposé la Loi sur le service militaire, ce qui lui donna le droit d'enrôler les hommes célibataires âgés de vingt à vingt-cinq ans pour servir outre-mer.
- Dans le but de faire accepter cette mesure, Borden a cherché à entraîner Laurier et le parti libéral dans un gouvernement de coalition.
La question de la conscription a divisé le Canada anglais et le Canada français.
Pour nombre de Canadiens français, la guerre était synonyme de Grande-Bretagne et de Canada anglais.
- Ils n'avaient pas d'attachement sentimental pour la Couronne britannique et des mesures comme la loi de 1912 en Ontario, qui limitait l'enseignement du français, de même que la réticence des militaires à créer des régiments de Canadiens français, les confirmaient dans leurs impressions qu'ils étaient des marginaux au Canada.
Des émeutes anticonscription ont eu lieu à Québec en 1918.
- La troupe a tiré sur cinq civils pendant ces soulèvements.
- L'Assemblée législative du Québec a discuté d'une résolution sécessionniste.
- Le projet de conscription a créé aussi des soulèvements à Montréal.
Les Canadiens français n'étaient pas seuls à s'opposer à la conscription.
- Le mouvement syndical a exigé que toute exaction de guerre cesse avant que l'on étudie la question de la conscription.
- Presque tous les chefs syndicaux du Canada étaient contre la conscription.
- Ils craignaient que la conscription soit le premier pas vers des restrictions qui réglementeraient la liberté de changer d'emploi et interdiraient de faire grève.
90 ans après, la présence de Canadiens et plus particulièrement des Canadiens-français à laisser des traces en France.

Par exemple, la ville de Joinville-le-pont honore toujours leur mémoire parce qu'elle leur doit la vie de nombreux habitants. La ville, ainsi que celle de Saint-Ouen, a été choisi durant la guerre comme lieu d'emplacement d'hôpitaux militaires canadiens. Installés en 1915, sous la forme d'un campement, ils ont poursuit leur mission au delà de la fin de la guerre jusqu'en 1919. Ces médecins-militaires installés à Joinville venaient de l'université Laval et leur présence à permis de sauver la population de l'épidémie de grippe espagnole qui ravagea la France en 1918-1919.
Un livre de Michel Litalien publié aux éditions Athéna raconte cette histoire.

En France, ce livre est disponible ici
Le mot de l'éditeur.
En 1991, la municipalité française de Joinville-le-Pont inaugurait officiellement un quartier remis ” à neuf ” et le baptisait : ” Quartier des Canadiens “. Bien plus, la voie principale de cette petite ville de 17 000 habitants, en banlieue sud-est de Paris, se nomme ” Avenue des canadiens “. A Saint-Cloud, l'artère qui mène à l'hippodrome porte, quant à elle, le nom de ” Rue du Camp canadien “. Pourquoi deux petites villes de la banlieue parisienne tiennent-elles tant à rendre hommage aux Canadiens ? C'est que, au cours de la Première Guerre mondiale, deux hôpitaux militaires canadiens-français y ont séjourné, soit l'hôpital général n° 6 (connu sous le nom d'hôpital de l'Université Laval) et l'hôpital stationnaire n° 4 (canadien-français), plus tard l'hôpital général n° 8. L'histoire de ces deux hôpitaux, qui ont soigné militaires et civils français pendant toute la durée de la guerre, montre que les Canadiens français ont, à leur façon, eux aussi participé à l'effort de guerre du Canada.
Lire le compte-rendu du livre par le major Michael Boire